Près de Tahar ben Jelloun…

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Sans fin.

Le vent des sables dans tes mots.

La rondeur sèche des dunes.

Hanche de femme nue.

Ton regard dans l’ombre.

L’odeur des bêtes assoupies.

Une caravane rêve sur la ligne rêche des ocres.

Bientôt la nuit et sa divine djellaba sur le corps d’amour.

Les enfants du silence dans le vent des sables.

Tes mots, troublés d’étoiles.

Un souffle comme autrefois…

Tes pères et tes mères

et le visage de Dieu dans les dunes du temps.

Abdellatif Laâbi n’était pas loin…

 

Où sont tes œuvres, ami,

où est la trace de tes mains dans le sable du temps?

Tu as levé ton visage, tu as souri et l’on t’a pris pour un fou.

Dans tes yeux brûle un feu de l’autre monde

et ceux déjà repris par le train des étoiles

sont là dans ce feu du milieu de la nuit

à regarder tes mots, à entendre tes vers,

à chanter presque tes silences et à boire

à la rivière qui sourd de tes mains inouïes.

Où ont tes oeuvres, ami,

sont aussi les chemins de sable dans le temps des enfants de demain

et dans leurs mains tremblent déjà

des jardins éblouis

 

 

Cesare Pavese n’était pas loin…

Fruit ou solitude

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Nous parlerons de la mort

afin d’entendre les oiseaux,

avant que la lumière de ce monde

ne se mêle à la lumière de l’autre monde,

là où les oiseaux ont appris à chanter

dans les buissons de l’aube,

avant que le jour soit le jour

et la nuit

ce coffret de diamants à jamais convoités.

Nous parlerons de ce ce chemin

dans la vigne des mots étranges des poètes

car ils ont aimé la vie autant que la lumière

dans la saveur murie d’un fruit humide et nu.

 

Que cherches-tu…?

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Tu écris

Tu oublies

Tu retrouves

Et tu relis

Le temps travaille dans l’oubli

Comme quand on dort

Comme quand on aime

Et c’est avec un regard frais

Mais pas toujours

Qu’on relit ce qu’on avait jeté

Sans y penser sur une feuille.

Est-ce important? Non ! La nuit

L’oubli, Oui! Si rien ne te revient changé

Pauvre! C’est qu’en toi le temps s’est arrêté .

Le bord du monde…(2)

Le bord du monde est à portée de main

Mais déjà tu n’es plus et ta main

Si tant est qu’elle est encore

Ne saisit plus que le vide autour de toi

En toi et partout où tu voudras, le rien;

Si tant est que saisir est encore l’affaire de tes mains,

Car au-delà du possible ici-bas

Il y a le possible de l’instant qui vient…

Et qui sait le monde, le pays, l’horizon et le ciel même

Qui naîtront de tes doigts déployés

De tes doigts musiciens

De tes doigts terre fraîche et semence pour demain ?

Le monde …                                   est à portée de main.

 

 

Neige légère…

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Neige tu es

Si belle si légère…

On dirait que la terre

Se lève et chante une chanson.

Neige tu es

Si belle si légère…

On dirait qu’elle chante

Un petit air de flûte

Un air de mirliton

Neige tu es

Si belle si légère…

On dirait qu’elle danse

Dansez!

Dansez flocons!

Hier vous n’étiez pas…

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Et le silence qui accompagne les couleurs comme un passant attentionné a pris soudain visage dans le geste de ta main. Ton regard est venu prendre matin dans le diaphane d’un bleu pâle, j’ai senti l’automne fredonner l’ocre et le brun de ton chant. Si le poème que j’écris voulait se faire amant, il chercherait à tes côtés le plis secret de longs pétales afin de boire le frais d’une fleur élégante.

Hier vous n’étiez pas… mais qu’importe le temps, les mains dans la lumière se font oiseaux et jamais le ciel ne fut si grand.

Je préfère le nomade…

Comment est-il possible d’écrire d’aussi belles choses ? Et c’est un malheur qu’elles ne soient pas l’égal pour l’âme de notre pain quotidien pour la santé du corps…Belle et pieuse pensée….mais laissons parler le poète car par lui s’exprime un verbe de toute beauté…

Voici donc quelques passages de « Citadelle » de Saint-Exupéry:

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Une figure de Gaston Chaissac au musée de l’art brut à Lausanne

« Je préfère le nomade qui s’enfuit éternellement et poursuit le vent car il embellit de jour en jour de servir un seigneur si vaste. »

« Et l’homme, certes a besoin de murs pour s’y enterrer et devenir semence. Mais il a besoin aussi de la grande voie lactée et de l’étendue de la mer, malgré que ni les constellations ni l’océan ne lui servent de rien pour l’instant. »

« …pour s’abreuver de la profondeur de la plaine bleue encore, comme on cherche l’eau d’un lac pour y boire. Et ils s’asseyent et ils regardent, une fois-là, et ils respirent. Et le cœur leur bat joyeusement, et il trouvent un remède souverain à leur dégoût. »

« …car tout s’ouvre sur plus vaste que soi. Tout devient chemin, route et fenêtre sur autre chose que soi-même. »

 

 

Je vois passer…

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Je vois passer loin dans le bleu, au dessus de la prairie qui monte vers une muraille de forêt, je vois des oiseaux traverser le ciel de ma fenêtre et je sais qu’ils dessinent la vie qui est dans la lumière, ce pays dans lequel nous vivons avec la nuit dans notre cœur. Les étoiles, dit-on, qui ne sont que des signes, regardent pourtant sous la mer le silence intérieur se parer de coraux et c’est fête d’écouter le hautbois de la nuit sous les eaux