Regarder le ciel

On ne sait pas vraiment

recevoir le silence

que nous offre le ciel

au dessus du village

où pourtant

nous n’avons rien d’autre à faire

que regarder le ciel

un bleu sans nuage

une brise tente d’amoindrir

notre amertume

amertume

de ne pas savoir

accueillir le silence.

Les jours bruns de terre à venir

Le monde s’est ouvert ce matin au devant du silence

La mer n’est pas si loin écoute comme se penche sur les toits son chant

On ne l’écoute plus mais elle instille, à notre insu ,au cœur de l’ignorance,

Une sève tranquille et féconde pour les jours bruns de terre à venir

la semence des mondes où marcheront demain les enfants de la nuit.

Les pêcheurs d’un autre monde ici

Ce qu’il y a

Avant le texte la phrase le poème

Un regard une écoute la table et le bruit d’une scie

Quelqu’un parle dans la rue

Le soleil frappe tout à coup

J’ai vu du coin de l’œil s’envoler des moineaux des buissons du jardin

Et c’est avant même cette ombre sur le mur blanc de craie

L’éphémère intensité du mot qui vient comme le bruit de la mer

Sur le bois d’une barque de bois dans le port éveillé par déjà

Les pêcheurs d’un autre monde ici.

Droit d’hauteur et d’horizon

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Qui écrit…?

Le monde à ta portée, le monde près de toi,

Le monde vide et le monde habité;

Pour qui écrire et qui écrit en toi ?

Qui vit et qui voit tes images ?

Qui entend le langage et le pense sensible

Comme tu sens les paysages ?

Tu as droit d’être à hauteur de toi-même,

Ton pays est le pays des enfants quand ils jouent.

Si les neiges t’enivrent

Tu peux encore t’envoler vers la mer

Ouvrir tes ailes à l’horizon!

Rallume les étoiles dormantes dans le plis des saisons!

 

 

 

 

…dans cette nuit

(les textes que je publie en ce moment sont plutôt sombres et pourraient sembler bien pessimistes. Je vois les choses un peu autrement. Le questionnement existentiel nous pousse toujours dans des zones d’ombre que l’on n’imaginait pas et inévitablement nous restons un moment sans moyens. Mais ce n’est qu’un passage obligé…ceci dit, j’ai été surpris de l’écho à mes derniers textes. Je les pensais trop proche de soucis personnels et au marge du poétique. Je remercie ceux qui  me lisent et plus encore ceux qui laissent trace de leurs passage.)

On ne sait pas ce que l’on vit

Heureusement

La tête ne pourrait contenir

Tous ce fatras sans éclater dans l’infini.

On ne sait pas ce qu’on sait

Ou si peu

Mais on sait qu’on est pas à la hauteur

Ni à la bassesse d’ailleurs.

Il y a plus encore, voila ce que l’on croit volontiers

On ne sait pas.

Mais où va-t-on dans cette nuit?

Un abandon presque sauvage

J’essaie de m’expliquer ce qui me happe et me retient dans ce visage.

Il me semble y deviner une attente, un besoin, un désir…

un abandon violent peut-être,

je ressens sous ces voiles d’impressions entremêlés

et plongeant plus ou moins profond dans la teneur et la texture de ma sensibilité,

de mon sentiment et finalement de tout mon être,

une sensualité diffuse et âpre , presque sauvage, un érotisme frémissant tramé à l’abandon que je nommais plus haut.

Est-ce ainsi vraiment?

C’est en tout cas le lieu de mon ressenti et peut-être qu’il n’y a là que projection, qu’attente et désir aveugle en errance.

Je ne veux plus de cet élan à peine d’être

(J’avais écrit un peu, puis j’ai repris, finalement ce n’est pas mieux…la face triste d’une âme parfois aussi à besoin de se dire…)

Je ne veux plus être une pierre

Je ne veux plus être silence

Je ne veux plus de cet à peine élan de l’être que je suis

Ce n’est pas même le désert

Mots de la mélancolie

Bruine de l’âme

Ciel bas de nuit

Je ne veux plus être une pierre

Le silence lui-même n’est parfois que misère.

Ce n’est pas confortable ce lieu que tu nous dis

où l’âme est le passage du sable et de la nuit

La nuit toujours revient comme une image sur la vitre d’ici

Mais c’est quelqu’un la nuit

Un être qui vient et se dit.

Quand nus les arbres pensent

Un peu de ciel est apparu

Entre les branches

Un peu de ciel toujours

Comme en hiver

Quand nus les arbres pensent

À la marée sauvage du printemps

Au fracas de l’été dans l’orage des mondes

Aux fruits peut-être là-bas comme notre horizon

Un peu de ciel toujours

Un peu de vent

Parfois une rivière un chemin un oiseau

Qui écrit en volant la grâce d’un silence

Et paraphe la soie du désir et du temps.