Rendez-vous (2)

…les enfants ne cessent de venir. Ils continuent le monde. Ce qu’ils apportent, finalement, est là dans la parole qui se fait corps, qui se fait temps, qui se fait moi.

Moi la parole

je suis l’enfant fragile de tes mains

je suis l’argile tendre sous ton pas

je suis le bleu de l’horizon

et je respire dans ta voix.

On ne vient pas ici en parlant. C’est bien sur terre qu’on apprend. C’est peut-être pour cela qu’on vient. Et c’est bien d’écouter un poème. C’est à la parole qu’on se rend. Parfois, on se retrouve seul. L’autre n’est pas rencontré, ce n’est pas le silence.

On n’est plus à soi dans ces cas -là. Mais cela n’arrive que plus tard alors qu’on s’est déjà bien éloigné de l’enfance. Alors on se trompe de lieu. C’est ailleurs qu’on arrive, si on peut dire, on ne se trouve pas. Il faut refaire le chemin à l’envers, se retourner pour retourner chez soi, revenir à l’enfance, revenir dans sa voix, recommencer la vie qui est partout…