Le bout du chemin

L’épuisement

C’est le bout du chemin

C’est l’horizon soudain ouvert au bleu du ciel

Ce n’est pas même au loin la ligne insaisissable

Des passions effacées

Entre terre humide et ciel de brume

Entre trouble et clarté

Là-bas ce n’est plus rien

Et au-delà

Où tu n’es plus

Continu le chemin

Mais nu

« Pourquoi » et « Afin que »

(Parfois un mot, une expression, vous prend et vous raconte en image quelque chose d’elle ou de lui, quelque chose de vous, quelque chose du monde. C’est la parole qui se montre, c’est un matin dans l’âme, c’est un chemin toujours, c’est un appel, un écho, c’est une invitation…)

Le pourquoi est un passage obscur

qui ouvre tout à coup sur une plaine,

sur un espace immense où tout redevient possible –

L’âme ne se retient plus et reçoit la caresse ou le regard de l’horizon,

c’est un peu au hasard et c’est un peu selon.

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Afin que est comme quand on arrive aux limites d’un monde,

les pieds sur la roche ultime d’une falaise,

peut-être qu’un fracas de vagues déchirées et d’écume se fait entendre

et tu regardes néanmoins là-bas comme au fond de toi-même

dans le bleu profond,

ce n’est plus d’eau ni de ciel ce bleu profond.

L’Arbre invisible

L’âge des lignes invisibles

qui me traversent et te traversent également

mais dans la nuit et qui dessinent

au firmament  des jours

la quotidienne errance du destin

ces lignes où se tissent les larmes d’amour

et que le blé offre à l’or tendre de l’aurore mordorée

ces lignes seront quelques jours ou demain

la seule trace encore de ta vie sur un chemin.