Un peu à côté

Lorsque j’étais enfant, je me sentais un peu à côté de tout. Déjà nimbait mon âme la question d’une lumière persistante, présence de moi à moi-même mais comme séparée, décalée, et comme si le monde autour de moi n’était pas vraiment le réel, comme s’il n’était qu’un jeu pour rire et qu’il fallait ne pas s’y attarder par trop de poids, par trop de peu et par trop de mauvaises pensées.

Reste que la question était là, quelque soit la couleur du ciel, la température sur le baromètre du songe, quelque soit le lieu ou les gens…elle me regardait de loin, de haut, vibrait en moi comme venue d’ailleurs et de la terre, elle accourait sans hâte de tous les horizons, ressemblait à une voile au large du destin, à un navire de nuages sous le ciel bleu, à une fleur dans la muraille entre les pierres du matin.