Des gestes à l’avenir de soi

(reprise et modifications)

Il n’y a pas de lieu pour commencer.

Tous les lieux sont des commencements

Même celui qu’on dit le dernier

Tout les commencements sont le premier

On sait pas trop. On s’interroge,

On s’interroge mais sans parler,

Et l’on regarde avec des airs au loin

D’attendre un train ou un copain

Sans être sûr de l’horizon, sans être sûr de rien

Sans être sûr du ciel qui vient.

On écoute le jour se lever en silence

Et l’on s’éveille d’avancer…on ne sait pas comment.

C’est peut-être autre chose

Ou autrement

Dans une langue que l’on ne connait pas

Avec des gestes à l’avenir de soi

On ne sait pas le dire

On ne voit pas vraiment

On ne sait pas comment l’on voit

On ne sait pas mourir

Et c’est peut-être une autre fois

Tout simplement.

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Le pays invisible

Ce ne sont pas des choses très compliquées, cependant pas toujours faciles à dire. Le temps qu’il fait, par exemple, sa couleur, son odeur, sa température…et pas seulement comme une relevé de météorologie mais comme une expérience vivante de l’instant.

Oui, voir, regarder, prendre, ne rien faire qu’écouter. Laisser faire et venir, se laisser envahir, non pas se perdre mais ouvrir les vannes intérieures pour que se lève un pays invisible dans le secret du cœur. Alors, voir encore et dire la transparence de l’instant car tout s’élucide dans l’abandon fertile du regard et de l’attente intime.

Il y faut une certaine intensité, de calme et de silence, pour que s’annonce à l’horizon de l’âme quelque chose qui s’apparente au vent.

Des sonorités encore lointaines et faibles, même pas audibles, que l’on devine, qu’on ne voit pas. On ne sait même pas quels mots émergeront de ce passage étrange entre le monde informe et celui du maintenant.

Le pays du temps

Un peu de tout, un peu de rien.
Regarde autour de toi danser le jour.
Regarde autour de toi le ciel voiler son infini.
Regarde valser les images et le vent et la vie
Qui va toujours toujours plus loin devant.
Tu marches, et chaque pas t’emmène dans le pays de toi,
Dans le pays de faire avec la laine d’exister,
Dans le pays de toujours plus avant que la nuit,
Au-delà de l’ennui, au-delà la mer, au-delà des instants
Qui fleurissent la prairie du temps.
Venir au bord du monde et regarder la rivière des jours.
Se laisser emporter par le flot du silence.
Toucher peut-être à cette eau de rumeur
Et goûter la saveur de n’être qu’un enfant.

Les images

Les images

source de lumière intime

ne dorment pas d’un lourd sommeil

elles ont le poids des pollens volubiles

et saturés d’étranges voix.

         *

Rien ne semble bouger

en soi autour de soi

et pourtant l’on avance

comme un peu dans le sable

ou comme dans  l’océan

environné de profondeur de mystère

et de sel et de vent.

Sous-bois

Entre dans le sous-bois de ta pensée.

Elles pensent en moi les filles d’univers

les images de dieu les formes de la terre

en moi la plage la ville la mer en moi

la solitude la foule et la proximité de l’être cher.

Apprends à ressentir qu’elles te mènent au plus loin de toi-même

et que mourant ainsi elles te rapprochent des tiens

dans le tissu diaphane de l’humaine misère.

Sans Issue

(déjà publié, mais où…et quand…?)

 

Il n’y a pas d’issue

Il n’y a pas de fin

Tout est commencement

Hier aujourd’hui

Même demain

 

N’appelons pas présent

Ce que nous désirons

N’appelons pas demain

Le jour de notre mort

Il n’y a pas d’élan

Au-delà de nous-même

Nous sommes déjà morts

Et nous sommes vivants

 

Dans la parole qui éveille

Dans l’écoute qui fonde

Dans le silence qui attend.

Novembre « Blues et Purples »

Fin novembre

le temps

s’ombre au-dedans.

Au-dehors

on roule sans phare

on se fait peur

on attend les fantômes

les fantômes viendront

de temps en temps.

Fin novembre

mois de l’effroi

la peur s’enivre en toi

de son néant.

Fin novembre

mois de la faille

faille du moi

blessure d’ombre

dont on ne sait

quand elle guérira.

Sombre le mois de novembre

mais le soleil

attend son heure

et son heure est

notre patience.

Collier de perles

Quand nous aurons quitté la terre ses pays ses paysages ses lumières

ses ombres sur les arbres ses villes sombres ses bruits de vent ses lits de rivière

ses enfants de demain ses peuples de misère

quand nous aurons quitté les bords des lacs ensemencés de ciel

les prairies fécondées de printemps les feux éteints de dieu et ceux

que l’on appelle même en nos œuvres fanées en nos faims,

que seras-tu ma terre notre bien que seras-tu demain aux lèvres du silence

que seras-tu sur la peau rêche de la pierre…Chagrin?

ô ma terre la terre mon aimée mon bien

ma perte perpétuelle mon chemin

ton nom je l’ai perdu comme un collier de perles

comme un collier de perles du destin.